Éplérénone Xiromed

Composition

Principes actifs

Eplerenonum.

Excipients

Comprimé pelliculé à 25 mg déplérénone: Lactosum monohydricum (36.92 mg), cellulosum microcristallinum (E460), carmellosum natricum conexum (E468), hypromellosum (E464), natrii laurilsulfas (E487), talcum (E553b), magnesii stearas (E470b), titanii dioxidum (E171), macrogolum 4000 (E1521).

Un comprimé pelliculé à 25 mg contient 36.92 mg de lactose et 0.43 mg de sodium.

 

Comprimé pelliculé à 50 mg déplérénone: Lactosum monohydricum (73.85 mg), cellulosum microcristallinum (E460), carmellosum natricum conexum (E468), hypromellosum (E464), natrii laurilsulfas (E487), talcum (E553b), magnesii stearas (E470b), titanii dioxidum (E171), macrogolum 4000 (E1521).

Un comprimé pelliculé à 50 mg contient 73.85 mg de lactose et 0.86 mg de sodium.

Forme pharmaceutique et quantité de principe actif par unité

Comprimé pelliculé.

Comprimés pelliculés à 25 mg: 1 comprimé pelliculé contient 25 mg déplérénone.

Comprimés pelliculés ronds, de couleur blanche à blanc cassé avec l’inscription "CG3" gravée sur une face et sans inscription sur lautre face.

 

Comprimés pelliculés à 50 mg: 1 comprimé pelliculé contient 50 mg déplérénone.

Comprimés pelliculés ronds, de couleur blanche à blanc cassé avec l’inscription "CG4" gravée sur une face et sans inscription sur lautre face.

Indications/Possibilités d’emploi

Léplérénone est indiquée:

§en complément à un traitement standard incluant des bêtabloquants, pour réduire le risque de mortalité et de morbidité cardiovasculaires chez le patient stable présentant une dysfonction ventriculaire gauche (FEVG ≤40%) et des signes cliniques dinsuffisance cardiaque après un infarctus du myocarde récent;

§en complément à un traitement standard optimal pour réduire le risque de mortalité et de morbidité dorigine cardiovasculaire chez le patient atteint dinsuffisance cardiaque (chronique) de classe II selon la NYHA et de dysfonction ventriculaire gauche systolique (FEVG ≤30%) (voir «Propriétés/Effets»).

Posologie/Mode d’emploi

Léplérénone peut être prise indépendamment des repas. Les doses de 25 mg et 50 mg sont disponibles pour adapter la posologie individuelle. Il convient de prendre une dose par jour. La dose maximale journalière est de 25 mg ou 50 mg (voir «Instructions posologiques particulières»).

Posologie usuelle

Un traitement par éplérénone ne doit pas être instauré chez les patients présentant une kaliémie supérieure à 5.0 mmol/l ou un TFGe (taux de filtration glomérulaire estimé) <30 ml/min/1.73 m2 (voir «Contre-indications»).

 

La kaliémie doit être mesurée avant linitiation du traitement par éplérénone, pendant la première semaine de traitement, le premier mois après le début du traitement ainsi quaprès chaque ajustement de la posologie. Par la suite, la kaliémie sera contrôlée périodiquement selon les besoins. Cela sapplique surtout aux patients âgés, aux patients diabétiques et aux patients présentant une altération de la fonction rénale.

 

La posologie de léplérénone doit être toujours vérifiée en fonction du potassium sérique (voir Tableau 1).

Posologie usuelle chez les patients présentant un TFGe ≥50 ml/min/1.73 m2

Les patients atteints dune insuffisance cardiaque de classe II selon la NYHA ainsi que les patients atteints dune insuffisance cardiaque après un infarctus du myocarde qui présentent un potassium sérique ≤5 mmol/l doivent recevoir une dose initiale de 25 mg, administrée 1x par jour. En fonction du potassium sérique (voir Tableau 1), la dose doit être augmentée à la dose cible de 50 mg, administrée 1x par jour, dans les 4 semaines suivant le début du traitement.

La dose maximale chez ces patients est de 50 mg/jour.

Chez les patients qui ont présenté un infarctus du myocarde, le traitement doit être instauré 3 à 14 jours après lévénement.

Instructions posologiques particulières

Patients présentant des troubles de la fonction hépatique

Aucune adaptation de la posologie initiale nest nécessaire chez les patients présentant une insuffisance hépatique légère à modérée. Cependant, en raison dune exposition systémique plus importante à léplérénone chez les patients ayant une insuffisance hépatique légère à modérée, un contrôle fréquent et régulier de la kaliémie est recommandé, en particulier chez le patient âgé (voir «Mises en garde et précautions»).

 

Lutilisation de léplérénone est contre-indiquée chez les patients présentant une insuffisance hépatique sévère (Child-Pugh C) (voir «Contre-indications»).

Tableau 1: Adaptations posologiques après le début du traitement

Kaliémie (mmol/l)

Modification de la posologie

Adaptation posologique

<5.0

Augmentation

Passer de la pause thérapeutique à 25 mg tous les 2 jours.

Passer de 25 mg tous les 2 jours à 25 mg 1x par jour.

Passer de 25 mg une fois par jour à 50 mg 1x par jour sauf chez:

les patients présentant un TFGe compris entre 30 et 49 ml/min/1.73 m2

les patients prenant un inhibiteur faible à modéré du CYP3A4.

5.0-5.4

Maintien

Pas dadaptation posologique.

5.5-5.9

Diminution

Passer de 50 mg 1x par jour à 25 mg 1x par jour.

Passer de 25 mg 1x par jour à 25 mg tous les 2 jours.

Passer de 25 mg tous les 2 jours à une pause thérapeutique.

≥6.0

Pause thérapeutique

Recommencer par 25 mg tous les 2 jours dès que le potassium est <5.0 mmol/l.

 

Patients présentant des troubles de la fonction rénale

Patients atteints dune insuffisance rénale modérée (TFGe compris entre 30 et 49 ml/min/1.73 m2)

Les patients atteints dune insuffisance cardiaque de classe II selon la NYHA qui présentent un potassium sérique ≤5 mmol/l doivent recevoir une dose initiale de 25 mg tous les 2 jours. Celle-ci doit être augmentée à la dose cible de 25 mg/jour dans les 4 semaines suivant le début du traitement en fonction du potassium sérique (voir le Tableau 1). La dose maximale est de 25 mg/jour.

On ne dispose daucune expérience chez les patients atteints dune insuffisance cardiaque après un infarctus du myocarde et présentant une clairance de la créatinine <50 ml/min. La prudence est recommandée lors de lutilisation de léplérénone chez ces patients.

Patients atteints dune insuffisance rénale sévère (TFGe <30 ml/min/1.73 m2)

Lutilisation de léplérénone est contre-indiquée chez ces patients.

Léplérénone nest pas dialysable.

Patients âgés

Dans létude EMPHASIS-HF, n=330 patients de ≥75 ans ont été traités par léplérénone. La dose thérapeutique y a été adaptée à la fonction rénale (voir «Propriétés/Effets»). Les patients âgés ont présenté un risque accru dhyperkaliémie en comparaison des patients plus jeunes. Un contrôle particulièrement régulier du potassium sérique est recommandé.

Enfants et adolescents

Aucune donnée nest disponible sur lutilisation de léplérénone chez les enfants et les adolescents de moins de 18 ans. En conséquence, lutilisation dans ce groupe de patients nest pas recommandée.

Patients recevant des inhibiteurs du CYP3A4

La dose maximale déplérénone est de 25 mg/jour chez les patients recevant simultanément des inhibiteurs faibles à modérés du CYP3A4.

La prise concomitante dinhibiteurs forts du CYP3A4 et déplérénone est contre-indiquée (voir «Contre-indications»).

Contre-indications

§Hypersensibilité à léplérénone ou à lun des excipients conformément à la composition.

§Tous les patients présentant une kaliémie >5.0 mmol/l avant linstauration du traitement.

§Tous les patients présentant une insuffisance rénale sévère (TFGe <30 ml/min/1.73 m²).

§Tous les patients présentant une insuffisance hépatique sévère (Classe Child-Pugh C).

§Tous les patients recevant des diurétiques dépargne potassique (par ex. spironolactone) ou des inhibiteurs puissants du CYP3A4 (tels que litraconazole, le kétoconazole, le ritonavir, le nelfinavir, la clarithromycine) (voir «Interactions»).

§Patients hypertendus traités avec des préparations/des produits de substitution au sel contenant du potassium.

§Association de léplérénone avec une double inhibition du système rénine-angiotensine-aldostérone existante (inhibiteur de lECA PLUS antagoniste des récepteurs de langiotensine II).

Mises en garde et précautions

Hyperkaliémie

En raison du mécanisme daction de léplérénone, des hyperkaliémies peuvent survenir. En conséquence, la kaliémie doit être contrôlée chez tous les patients lors de linstauration du traitement et lors dune adaptation posologique. De plus, un contrôle régulier est recommandé chez les patients présentant un risque accru dhyperkaliémie (patients atteints dinsuffisance rénale, de diabète, patients âgés). Le traitement par éplérénone sera interrompu lorsque la kaliémie atteint des valeurs ≥6.0 mmol/l (voir «Posologie/Mode demploi»).

 

Le risque dhyperkaliémie peut être augmenté si léplérénone est utilisée en association avec un inhibiteur de lECA ou un antagoniste des récepteurs de langiotensine. Lassociation dun inhibiteur de lECA et dun antagoniste des récepteurs de langiotensine ne doit pas être utilisée conjointement avec léplérénone (voir «Contre-indications» et «Interactions»).

Insuffisance rénale

Chez les patients présentant une insuffisance rénale, y compris une microalbuminurie diabétique, la kaliémie doit être contrôlée régulièrement. Après linstauration du traitement, la dose sera ajustée en fonction de la kaliémie (voir Tableau 1 sous «Posologie/Mode demploi»). Le risque dhyperkaliémie augmente avec la diminution de la fonction rénale. Les patients présentant un taux de filtration glomérulaire estimé (TFGe) <30 ml/min/1.73  ne doivent pas être traités par léplérénone. Bien que les données issues de létude EPHESUS sur les patients souffrant de diabète de type 2 et de microalbuminurie soient limitées, une incidence accrue de lhyperkaliémie a été observée chez ce petit nombre de patients. Cest pourquoi ces patients seront traités avec précaution. Léplérénone nest pas éliminée par hémodialyse (voir «Posologie/Mode demploi» et «Contre-indications»).

Insuffisance hépatique

Chez des patients présentant une insuffisance hépatique légère à modérée (Child-Pugh A et B), aucune augmentation de la kaliémie au-dessus de 5.5 mmol/l na été observée. Un contrôle fréquent et régulier de la kaliémie est toutefois recommandé, notamment chez les patients âgés. Lutilisation de léplérénone na pas été étudiée chez les patients présentant une insuffisance hépatique sévère (Child-Pugh C) (voir «Posologie/Mode demploi» et «Contre-indications»).

Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS)

Ladministration simultanée dautres substances dépargne potassique et dAINS a provoqué une baisse de leffet antihypertenseur ainsi quune hyperkaliémie chez les patients présentant une insuffisance rénale (voir «Interactions»).

Inducteurs du CYP3A4

Ladministration déplérénone avec des inducteurs puissants du CYP3A4 nest pas recommandée (voir «Interactions»).

Autres médicaments

Le lithium, la ciclosporine et le tacrolimus doivent être évités pendant un traitement par léplérénone (voir «Interactions»).

Alpha-bloquants, amifostine, triméthoprime, inhibiteurs de lECA et antagonistes des récepteurs de langiotensine II (voir ci-dessus: «Hyperkaliémie»), antidépresseurs tricycliques, neuroleptiques, baclofène, glucocorticoïdes, tétracosactide (voir «Interactions»).

Excipients revêtant un intérêt particulier

Les comprimés pelliculés Éplérénone Xiromed à 25 mg et à 50 mg contiennent du lactose monohydraté en tant quexcipient (respectivement 36.92 mg et 73.85 mg par comprimé). Les patients présentant une intolérance au galactose, un déficit total en lactase ou un syndrome de malabsorption du glucose et du galactose (maladies héréditaires rares) ne devraient pas prendre ce médicament.

 

Les comprimés pelliculés dÉplérénone Xiromed à 25 mg et à 50 mg contiennent moins de 1 mmol (23 mg) de sodium par comprimé (respectivement 0.43 mg et 0.86 mg), c.-à-d. quils sont essentiellement «sans sodium».

Interactions

Interactions pharmacocinétiques

Des études in vitro montrent que léplérénone nest pas un inhibiteur des isoenzymes des CYP1A2, CYP2C19, CYP2C9, CYP2D6 ou CYP3A4. Léplérénone nest ni un substrat ni un inhibiteur de la glycoprotéine P.

Inhibiteurs du CYP3A4

§Inhibiteurs puissants du CYP3A4: en raison dune interaction pharmacocinétique, lutilisation concomitante déplérénone avec des inhibiteurs puissants du CYP3A4 tels que le kétoconazole, litraconazole, le ritonavir, le nelfinavir ou la clarithromycine est contre-indiquée (voir «Contre-indications»).

§Inhibiteurs faibles à modérés du CYP3A4: ladministration concomitante dérythromycine, de saquinavir, damiodarone, de diltiazem, de vérapamil ou de fluconazole a provoqué des interactions pharmacocinétiques significatives avec une augmentation de lASC allant jusquà un facteur 2. En conséquence, la posologie de léplérénone ne doit pas dépasser 25 mg/jour en cas dassociation à des inhibiteurs faibles à modérés du CYP3A4.

Inducteurs du CYP3A4

Ladministration simultanée de millepertuis (inducteur puissant du CYP3A4) et déplérénone a provoqué une diminution de 30% de lASC de léplérénone. Une diminution plus importante de lASC de léplérénone peut survenir avec des inducteurs du CYP3A4 plus puissants comme la rifampicine. En raison dun risque de diminution de lefficacité de léplérénone, lutilisation simultanée de puissants inducteurs du CYP3A4 (rifampicine, carbamazépine, phénytoïne, phénobarbital, millepertuis) et déplérénone nest pas recommandée.

Substrats du CYP3A4

Les résultats détudes pharmacocinétiques avec des substrats de test du CYP3A4, tels que le midazolam et le cisapride, nont pas montré dinteractions pharmacocinétiques significatives lorsque ces principes actifs ont été utilisés simultanément à léplérénone.

Digoxine

LASC de la digoxine augmente de 16% (intervalle de confiance à 90%: 4-30%) en cas dadministration concomitante avec léplérénone. La prudence est de rigueur si le taux de digoxine est proche de la limite supérieure thérapeutique.

Warfarine

La prudence est de rigueur si le taux de warfarine se situe près de la limite supérieure thérapeutique.

Interactions pharmacodynamiques

Diurétiques dépargne potassique, préparations/produits de substitution au sel contenant du potassium

En raison du risque accru dhyperkaliémie, léplérénone ne doit être administrée à aucun patient recevant dautres diurétiques dépargne potassique, ni à aucun patient hypertendu recevant des préparations/produits de substitution au sel contenant du potassium (voir «Contre-indications» et «Mises en garde et précautions»). Les diurétiques dépargne potassique peuvent aussi accentuer leffet des médicaments antihypertenseurs et des autres diurétiques.

Inhibiteurs de lECA, antagonistes des récepteurs de langiotensine (ARA)

Le risque dhyperkaliémie peut être augmenté si léplérénone est utilisée en association avec un inhibiteur de lECA ou un antagoniste des récepteurs de langiotensine. Une surveillance stricte des taux sériques de potassium et de la fonction rénale est notamment recommandée chez les patients présentant une altération préexistante de la fonction rénale. La triple association dun inhibiteur de lECA et dun antagoniste des récepteurs de langiotensine avec léplérénone ne doit pas être utilisée (voir «Contre-indications» et «Mises en garde et précautions»).

Lithium

Aucune étude dinteraction médicamenteuse na été conduite avec le lithium et léplérénone. Cependant, chez des patients recevant du lithium en même temps que des diurétiques et des inhibiteurs de lECA, une toxicité du lithium a été rapportée. Ladministration concomitante déplérénone et de lithium doit être évitée. Si cette association savère nécessaire, les concentrations plasmatiques en lithium doivent être étroitement surveillées (voir «Mises en garde et précautions»).

Ciclosporine, Tacrolimus

La ciclosporine et le tacrolimus peuvent entraîner des troubles de la fonction rénale et majorer le risque dhyperkaliémie. Lutilisation concomitante déplérénone et de ciclosporine ou de tacrolimus doit être évitée. Si ladministration de la ciclosporine et du tacrolimus savère indispensable durant un traitement par léplérénone, un contrôle étroit de la kaliémie et de la fonction rénale est recommandé (voir «Mises en garde et précautions»).

Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS)

Un traitement par AINS peut entraîner une insuffisance rénale aiguë en agissant directement sur la filtration glomérulaire, en particulier chez les patients à risque (patients âgés et/ou patients déshydratés). Les patients recevant de léplérénone et des AINS doivent être correctement hydratés et leur fonction rénale contrôlée avant linitiation du traitement.

Triméthoprime

Ladministration concomitante de triméthoprime et déplérénone augmente le risque dhyperkaliémie. Une surveillance de la kaliémie et de la fonction rénale doit être effectuée en particulier chez les patients atteints dinsuffisance rénale et chez les patients âgés.

Alpha-bloquants (par ex. alfuzosine)

Lassociation dalpha-bloquants et déplérénone comporte le risque daccentuer leffet hypotenseur et/ou une hypotension orthostatique. Un contrôle clinique de lhypotension orthostatique est recommandé lors dun traitement concomitant par des alpha-bloquants.

Antidépresseurs tricycliques, neuroleptiques, amifostine, baclofène

Il existe un risque potentiel de majoration des effets antihypertenseurs et dhypotension orthostatique si ces médicaments sont associés à léplérénone.

Glucocorticoïdes, tétracosactide

Ladministration simultanée de ces médicaments et de léplérénone peut vraisemblablement diminuer leffet antihypertenseur (rétention sodique et hydrique).

Grossesse, Allaitement

Grossesse

Les données sur lutilisation de léplérénone durant la grossesse sont insuffisantes. Léplérénone ne doit pas être administrée durant la grossesse, sauf en cas de nécessité absolue.

Allaitement

On ignore si léplérénone passe dans le lait maternel après administration orale. Ne pas allaiter en cas dindication stricte pour lutilisation de léplérénone.

Effet sur l’aptitude à la conduite et l’utilisation de machines

Des vertiges ou des syncopes peuvent survenir au cours du traitement. La prudence est donc de rigueur lors de la conduite automobile ou lutilisation de machines, jusquà la connaissance de la réponse individuelle au traitement.

Effets indésirables

Lincidence globale des effets indésirables et les taux dinterruptions dues aux effets indésirables rapportés dans le cadre de lutilisation de léplérénone ont été similaires à ceux observés sous placebo, aussi bien au cours de létude EPHESUS quau cours de létude EMPHASIS-HF. Leffet indésirable le plus fréquemment signalé dans létude EPHESUS et létude EMPHASIS-HF était lhyperkaliémie avec un taux dincidence de respectivement 3.4% et 8.7% sous éplérénone.

 

Les effets indésirables sont classés par système dorgane et fréquence absolue. Les fréquences sont définies de la manière suivante: très fréquents (≥1/10), fréquents (≥1/100 à <1/10), occasionnels (≥1/1000 à <1/100), rares (≥1/10000 à <1/1000), très rares (<1/10000).

Infections et infestations

Fréquents: infection.

Occasionnels: pyélonéphrite, pharyngite.

Affections hématologiques et du système lymphatique

Occasionnels: éosinophilie.

Affections endocriniennes

Occasionnels: hypothyroïdie.

Troubles du métabolisme et de la nutrition

Fréquents: hyperkaliémie, déshydratation.

Occasionnels: hypercholestérolémie, hypertriglycéridémie, hyponatrémie.

Affections psychiatriques

Occasionnels: insomnie.

Affections du système nerveux

Fréquents: vertiges, syncope.

Occasionnels: céphalées, hypoesthésie.

Affections cardiaques

Fréquents: infarctus du myocarde.

Occasionnels: fibrillation auriculaire, insuffisance ventriculaire gauche.

Affections vasculaires

Fréquents: hypotension.

Occasionnels: hypotension orthostatique, thrombose artérielle de la jambe.

Affections respiratoires, thoraciques et médiastinales

Fréquents: toux.

Affections gastro-intestinales

Fréquents: diarrhée, nausée, constipation.

Occasionnels: flatulences, vomissements.

Affections hépatobiliaires

Occasionnels: cholécystite.

Affections de la peau et du tissu sous-cutané

Fréquents: prurit.

Occasionnels: hyperhidrose.

Affections musculosquelettiques et du tissu conjonctif

Fréquents: crampes musculaires, douleurs musculo-squelettiques.

Occasionnels: dorsalgie.

Affections du rein et des voies urinaires

Fréquents: troubles de la fonction rénale.

Troubles généraux

Occasionnels: asthénie, malaise.

Investigations

Fréquents: urée sanguine augmentée.

Occasionnels: créatinine sérique augmentée, diminution de la valeur de lEGFR (epidermal growth factor receptor), taux de glycémie augmenté.

 

Dans létude EPHESUS, un nombre plus important de cas daccident vasculaire cérébral a été observé dans le groupe des sujets âgés (≥75 ans) (éplérénone 4.9%, placebo 3.1%, p=0.10). Dans létude EMPHASIS-HF, le nombre daccidents vasculaires cérébraux observés chez les patients âgés (≥75 ans) a été de n=9 (2.7%) dans le groupe éplérénone et de n=8 (2.4%) dans le groupe placebo.

Effets indésirables identifiés après la mise sur le marché

Expériences post-marketing

Depuis la mise sur le marché, les effets indésirables suivants ont également été observés:

Affections de la peau et du tissu sous-cutané: angioœdème, rash.

Affections des organes de reproduction et du sein: gynécomastie.

 

Lannonce deffets secondaires présumés après lautorisation est dune grande importance. Elle permet un suivi continu du rapport bénéfice-risque du médicament. Les professionnels de santé sont tenus de déclarer toute suspicion deffet secondaire nouveau ou grave via le portail dannonce en ligne ElViS (Electronic Vigilance System). Vous trouverez des informations à ce sujet sur www.swissmedic.ch.

Surdosage

Aucun cas deffets indésirables liés à un surdosage déplérénone na été rapporté chez lêtre humain jusquici. La manifestation la plus probable dun surdosage chez lêtre humain est une hypotension et une hyperkaliémie. Léplérénone ne peut pas être éliminée par hémodialyse. Toutefois, elle se lie de manière importante au charbon activé. En cas dhypotension symptomatique, un traitement symptomatique doit être instauré. En cas de survenue dune hyperkaliémie, les mesures de traitement usuelles doivent être mises en œuvre.

Propriétés/Effets

Code ATC

C03DA04

Mécanisme d’action

Voir «Pharmacodynamique».

Pharmacodynamique

Léplérénone présente une sélectivité relative dans sa fixation aux récepteurs minéralocorticoïdes humains recombinants en comparaison de sa fixation aux récepteurs humains recombinants aux glucocorticoïdes, à la progestérone et aux androgènes. Léplérénone empêche la fixation de laldostérone.

Efficacité clinique

Léplérénone a été évaluée dans létude «Eplerenone Post-Acute Myocardial Infarction Heart Failure Efficacy and Survival Study» (EPHESUS). EPHESUS est une étude multicentrique, en double aveugle et contrôlée par placebo, menée chez n=6632 patients (moyenne du suivi: 16 mois) ayant eu un infarctus du myocarde aigu, présentant une dysfonction ventriculaire gauche (avec une fraction déjection ventriculaire gauche [FEVG] ≤40%) et des signes cliniques dinsuffisance cardiaque. Linclusion des patients après randomisation dans létude EPHESUS a eu lieu dans les 3 à 14 jours suivant la pose du diagnostic dinfarctus du myocarde. La durée moyenne jusquà linclusion était de 7 jours. En raison du risque cardiovasculaire accru associé au diabète, les patients diabétiques présentant une dysfonction ventriculaire gauche et sans symptômes dinsuffisance cardiaque ont été inclus dans létude; 10% de la population de létude remplissait ce critère. En plus dun traitement standard, les patients ont reçu de léplérénone ou un placebo à une dose initiale de 25 mg une fois par jour, avec augmentation de la posologie en lespace de 4 semaines jusquà la dose dentretien de 50 mg une fois par jour si la kaliémie était <5.0 mEq/l. Pendant létude, les patients ont reçu un traitement standard comportant de laspirine (92%), des inhibiteurs de lECA (90%), des bêtabloquants (83%), des dérivés nitrés (72%), des diurétiques de lanse (66%) ou des inhibiteurs de la HMG-CoA réductase (60%).

 

Dans létude EPHESUS, les critères primaires dévaluation étaient la mortalité toutes causes confondues et un critère combiné de mortalité cardiovasculaire ou dhospitalisation dorigine cardiovasculaire. 14.4% des patients recevant léplérénone et 16.7% des patients recevant le placebo sont décédés (toutes causes confondues), alors que 26.7% des patients recevant léplérénone et 30.0% des patients recevant le placebo ont présenté le critère combiné de mortalité cardiovasculaire ou dhospitalisation dorigine cardiovasculaire. Ainsi, dans létude EPHESUS, léplérénone a réduit le risque de mortalité toutes causes confondues de 15% (réduction du risque absolu 2.3%, RR 0.85; intervalle de confiance à 95%, 0.75-0.96; p=0.008; NNT: 43) en comparaison du placebo, essentiellement en réduisant la mortalité cardiovasculaire. Le risque de mortalité cardiovasculaire ou dhospitalisation dorigine cardiovasculaire a été réduit de 13% avec léplérénone (réduction du risque absolu 3.3%; RR 0.87; intervalle de confiance à 95%, 0.79-0.95; p=0.002; NNT: 31).

 

Lefficacité clinique dun traitement par éplérénone a été démontrée essentiellement lorsque les patients étaient <75 ans. Les bénéfices du traitement chez les patients ≥75 ans sont incertains. La classification fonctionnelle de NYHA sest améliorée ou est restée stable (p<0.001) pour une proportion significativement plus élevée de patients traités par éplérénone (n=2372 patients, 75.3%) par rapport au groupe placebo (n=2242 patients, 71.3%).

Figure 1: Rapport des risques pour toutes les causes de mortalité par sous-groupe

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Dans létude EMPHASIS-HF (Eplerenone in Mild Patients Hospitalization and Survival Study in Heart Failure), léplérénone a été évaluée en complément à un traitement standard chez des patients présentant une insuffisance cardiaque systolique et des symptômes légers (classe fonctionnelle II selon la NYHA). Aucun patient des classes fonctionnelles III et IV selon la NYHA na été évalué dans létude.

 

Les patients inclus dans létude avaient ≥55 ans et présentaient une fraction déjection ventriculaire gauche (FEVG) ≤30% ou une FEVG ≤35% et en plus une durée du QRS >130 msec. En outre, les participants à létude devaient soit avoir été hospitalisés dans les 6 mois précédents pour une cause cardiovasculaire (CV), soit présenter un taux plasmatique de BNP ≥250 pg/ml ou un taux de pro-BNP ≥500 pg/ml (hommes) ou ≥750 pg/ml (femmes). Le traitement par léplérénone a été commencé à la posologie de 25 mg une fois par jour, posologie qui a été augmentée à 50 mg une fois par jour après 4 semaines dans la mesure les taux sériques de potassium étaient <5.0 mmol/l et le TFGe ≥50 ml/min. Comme alternative, si le taux de filtration glomérulaire estimé était compris entre 30 et 49 ml/min/1.73 m2, le traitement par léplérénone a été commencé à la posologie de 25 mg tous les 2 jours, posologie qui a pu être augmentée à 25 mg une fois par jour.

 

Les médicaments cardiovasculaires les plus fréquemment associés à léplérénone ou au placebo chez lensemble des n=2737 participants à létude ont été des diurétiques (85%), des inhibiteurs de lECA (78%), des antagonistes des récepteurs de langiotensine II (19%), des bêtabloquants (87%), des médicaments antithrombotiques (88%), des hypolipémiants (63%) et des alcaloïdes de la digitale (27%). La FEVG moyenne était de 26% et la durée moyenne du QRS était denviron 122 msec. La plupart des patients (83.4%) avaient été hospitalisés pour des causes cardiovasculaires dans les 6 derniers mois précédant la randomisation et env. 50% pour une insuffisance cardiaque. Environ 20% des patients étaient pourvus dun défibrillateur implanté ou bénéficiaient dun traitement de resynchronisation cardiaque.

 

Le critère dévaluation principal (décès dorigine cardiovasculaire ou hospitalisation pour insuffisance cardiaque) a été observé chez n=249 patients (18.3%) du groupe éplérénone et chez n=356 patients (25.9%) du groupe placebo (RR 0.63, IC à 95%, 0.54-0.74; p<0.001). Ce résultat a été cohérent dans tous les sous-groupes étudiés.

 

Le critère dévaluation secondaire, à savoir la mortalité toutes causes confondues, a été observé chez n=171 patients (12.5%) du groupe éplérénone et chez n=213 patients (15.5%) du groupe placebo (RR 0.76; IC à 95%, 0.62-0.93; p=0.008). Un décès dorigine cardiovasculaire a été rapporté chez n=147 patients (10.8%) du groupe éplérénone et chez n=185 patients (13.5%) du groupe placebo (RR 0.76; IC à 95%, 0.61-0.94; p=0.01).

 

Une hyperkaliémie (taux sérique de potassium >5.5 mmol/l) a été rapportée au cours de létude chez n=158 patients (11.8%) du groupe éplérénone et chez n=96 patients (7.2%) du groupe placebo (p<0.001). Une hypokaliémie, définie comme un taux sérique de potassium <4.0 mmol/l, est survenue plus rarement avec léplérénone quavec le placebo (38.9% avec léplérénone en comparaison de 48.4% avec le placebo, p<0.0001).

Pharmacocinétique

Absorption

La biodisponibilité absolue de léplérénone est de 69%. Les concentrations plasmatiques maximales sont atteintes environ 1.5-2 h après la prise orale déplérénone. Labsorption au niveau de la partie terminale de liléon et du côlon a lieu avec un retard de 3 à 4 h. Les pics plasmatiques (Cmax) et laire sous la courbe (ASC) sont proportionnels à la dose dans lintervalle de doses allant de 10 mg à 100 mg, et moins proportionnels aux doses supérieures à 100 mg. Labsorption nest pas influencée par les aliments.

Distribution

La liaison de léplérénone aux protéines plasmatiques est denviron 50% et a lieu essentiellement avec lalpha 1-glycoprotéine acide. Le volume de distribution apparent à létat déquilibre est estimé à 42-90 l. Léplérénone ne se fixe pas de manière préférentielle sur les hématies.

Métabolisme

Léplérénone est métabolisée principalement par le cytochrome P450 (CYP) 3A4. Aucun métabolite actif de léplérénone na été identifié dans le plasma humain.

Élimination

La demi-vie délimination se situe entre 4-6 h. La clairance plasmatique apparente est denviron 10 l/h. Létat déquilibre est atteint en 2 jours. Moins de 5% dune dose déplérénone sont retrouvés sous forme inchangée dans les urines et les fèces. Après une dose orale unique déplérénone radiomarquée, environ 32% de la dose sont excrétés dans les fèces et environ 67% dans les urines.

Cinétique pour certains groupes de patients

Âge, sexe et race

La pharmacocinétique de léplérénone nétait pas significativement différente entre les hommes et les femmes. À létat déquilibre, des augmentations de la Cmax (22%) et de lASC (45%) ont été observées chez les personnes âgées par rapport aux volontaires plus jeunes (18 à 45 ans). À létat déquilibre, la Cmax a été inférieure de 19% et lASC de 26% chez les sujets à la peau noire (voir «Posologie/Mode demploi»).

Troubles de la fonction hépatique

La pharmacocinétique de léplérénone à la posologie de 400 mg a été étudiée chez des patients atteints dinsuffisance hépatique modérée (Child-Pugh B) et comparée à celle de volontaires sains. La Cmax à létat déquilibre était augmentée de 3.6% et lASC de 42% (voir «Posologie/Mode demploi»).

Troubles de la fonction rénale

La pharmacocinétique de léplérénone a été évaluée chez des patients présentant des degrés variables dinsuffisance rénale et chez des patients sous hémodialyse. Par rapport aux volontaires sains, lASC à létat déquilibre était augmentée de 38% et la Cmax de 24% chez les patients atteints dinsuffisance rénale sévère, et diminuées de 26% et 3% respectivement chez les patients sous hémodialyse. Aucune corrélation entre la clairance plasmatique de léplérénone et la clairance de la créatinine na été observée. Léplérénone nest pas éliminée par hémodialyse (voir «Mises en garde et précautions»).

Insuffisance cardiaque

La pharmacocinétique de léplérénone à la posologie de 50 mg a été étudiée chez des patients souffrant dinsuffisance cardiaque (classification II-IV de la NYHA). Par rapport aux volontaires sains dâge, de poids et de sexe identiques, lASC à létat déquilibre était augmentée de 38% et la Cmax de 30% chez les patients atteints dinsuffisance cardiaque. Conformément à ces résultats, une analyse pharmacocinétique de population basée sur un sous-ensemble de patients de létude EPHESUS a montré que la clairance de léplérénone chez les patients atteints dinsuffisance cardiaque était similaire à celle de volontaires âgés sains.

Données précliniques

Les investigations précliniques de sécurité pharmacologique, de toxicité en administration répétée, de génotoxicité, de carcinogénicité et de toxicité pour la reproduction nont pas révélé de risque particulier pour lhomme.

 

Les études menées chez le rat et le lapin nont pas montré deffet tératogène. Toutefois, une baisse du poids corporel et une augmentation des résorptions fœtales ainsi quune augmentation des avortements (perte après nidation) ont été observées chez les lapines à la plus haute dose appliquée. Le risque potentiel pour lêtre humain est inconnu.

 

Des données précliniques montrent que léplérénone et/ou ses métabolites sont présents dans le lait maternel des rates.

 

Dans les études de toxicologie en administration répétée menées chez le rat et le chien, une atrophie de la prostate a été observée à des niveaux dexposition de plusieurs fois supérieurs aux niveaux dexposition clinique. Les modifications de la prostate nétaient pas accompagnées de conséquences fonctionnelles délétères. La signification clinique de ces résultats est incertaine.

Remarques particulières

Stabilité

Le médicament ne doit pas être utilisé au-delà de la date figurant après la mention «EXP» sur lemballage.

Remarques particulières concernant le stockage

Ne pas conserver au-dessus de 30°C. Conserver dans lemballage dorigine. Conserver hors de portée des enfants.

Numéro d’autorisation

68283 (Swissmedic).

Présentation

Éplérénone Xiromed 25 mg: emballages de 30 et 100 comprimés pelliculés. [B]

Éplérénone Xiromed 50 mg: emballages de 30 et 100 comprimés pelliculés. [B]

Titulaire de l’autorisation

Xiromed SA, 6330 Cham.

Mise à jour de l’information

Septembre 2020.